jeudi 12 mars 2009

Lettre adressée par vent de raison au Collège Communal de Celles :

Gesves, le 9 mars 2009




Collège communal de Celles
Rue Parfait, 14
7760 CELLES


Monsieur le Bourgmestre
Mesdames et Messieurs les Echevins,


Nous apprenons par la presse et par un nombre important d’opposants, que les sociétés Man-To-Tree et Kyotec 1 projettent l'installation de neuf éoliennes de 2 à 3,5 MW sur la commune de Celles, le long de l'Escaut, et qu’une forme de partenariat public-privé dans le domaine de l’éolien industriel serait envisagée, dans des circonstances plutôt étranges et apparemment peu démocratiques.

A une époque où la crise économique appelle des mesures sélectives et sociales, il est attristant de constater que des communes, dont le principal souci devrait être le bien-être général, se lancent dans des opérations bassement capitalistes. Y entraîner des citoyens coopérateurs nantis, alors que d’autres ne savent plus payer leur facture d’électricité, ne témoigne pas d’une vision sociale fort développée.


Fait-il rappeler que le business éolien profite honteusement d’un système de certificats verts financés par tous les citoyens pour lancer des projets à taux de rentabilité interne de 34%, alors que les coopérateurs se verront péniblement octroyer 6% ? Faut-il rappeler que la quasi-totalité des citoyens ne titrera aucun profit de cette arnaque, alors que de pauvres riverains devront, grâce à leur commune, supporter les nuisances multiples et constater amèrement la dépréciation de la valeur de leur patrimoine sans pouvoir obtenir réparation de ce dommage ?


Dans notre brochure « Rumeurs et Contre-vérités », que vous avez reçue récemment, il est rappelé que tous ceux qui habitent à moins de 2km d’une éolienne seront victimes de nuisances nocturnes significatives Une récente, mais fort médiatisée, thèse de doctorat néerlandaise sur les nuisances sonores d’origine éolienne (van den Berg G.P. (2006). “The sound of high winds: the effect of atmospheric stability on wind turbine sound”. PhD Thesis. Rijksuniversiteit Groningen. The Netherlands) explique scientifiquement l’importante augmentation du bruit nocturne des grandes éoliennes. Alors qu’au ras du sol, et à 10m de hauteur, il n’y a pas de vent, des phénomènes météorologiques complexes font qu’il y en a à 100m de hauteur générant des nuisances sonores d’autant plus gênantes que le bruit ambiant diurne fait défaut. Ces bruits justifiaient les doléances des riverains jusqu’à deux km du parc. Parmi les conclusions de cette thèse nous pouvons lire « …eu égard au bruit des aérogénérateurs on peut affirmer qu’un phénomène important a été ignoré : celui du changement du vent après le coucher du soleil. Ce phénomène sera de plus en plus important compte tenu de la taille croissante des éoliennes et de la multitude des projets de parcs éoliens. Si ce phénomène n’est pas reconnu et résolu, il risque d’entraver sérieusement le développement de l’énergie éolienne ». Avez-vous, dans vos tractations avec les firmes, précisé que la distance éolienne habitation ne pouvait être inférieure à cette norme ?


Autre élément de surprise : le dédain vis-à-vis de la légalité de la procédure


Vous n’ignorez pas que la demande de permis unique pour l’installation d’une usine éolienne doit se conformer aux règles du décret du 11 mars 1999 sur le permis d’environnement.
Ces dispositions impliquent une stricte neutralité de la part de la commune, puisque son avis n’intervient qu’à la suite de l’enquête publique, où les citoyens auront l’occasion de s’exprimer au sujet du projet. Une opposition significative d’une partie de la population, particulièrement touchée par ce projet, devrait engendrer un droit de veto et dès lors un avis défavorable de la commune. C’est un déni de démocratie que d’ignorer la volonté des citoyens en annonçant indirectement que l’avis de la commune sera positif.


Encore un autre élément de surprise : le silence de la cartographie « Feltz ».
Rappelons tout d’abord, que, contrairement à la situation en Région flamande, le Parlement wallon n’a jamais été associé à aucune règle normative ni en matière de plan de localisation, comme les Zones de Développement Eoliens en France ou dans les provinces flamandes, ni concernant l’encadrement juridico-technique de ce développement.

Pour une démocratie parlementaire c’est un comble !
Lors d’un colloque sur les éoliennes au Condroz organisé à Ciney en date du 11 octobre dernier, et auquel participait le Prof Feltz, nous avons appris que la cartographie pro-active comportait 41 sites éoliens « possibles », mais que pour des raisons de spéculation immobilière cette information environnementale n’était pas divulguée. Etes-vous surs que le site que vous envisagez de retenir (le long de l'Escaut partant d'Escanaffles à Pottes/Hérinnes) appartient à l’ensemble des 41 sites prénommés ?


Alors que vous respectez scrupuleusement la législation en matière de permis d’environnement pour les particuliers, allez vous ignorer cet outil normatif et remarquable qu’est le CWATUPE pour admettre la dérogation au plan de secteur pour des projets industriels rien que parce qu’ils sont lucratifs ? L’article 127 §3 du CWATUPE dispose que pour les seuls projets « qui soit respectent, soit structurent, soit recomposent les lignes de force du paysage, le permis peut être accordé en s’écartant du plan de secteur », pour autant qu’il s’agisse, « d’actes et travaux d’utilité publique». Or, depuis la déclaration du Ministre Antoine en date du 13 juin 2008, à l’occasion des « winddays » européens, nous savons que les objectifs wallons en matière de renouvelables sont d’ores et déjà atteints avec les projets existants et approuvés. On peut en inférer que les projets éoliens on-shore en Région wallonne ne constituent plus des actes et des travaux d’utilité publique.


Nos communes wallonnes ne peuvent-elles pas donner l’exemple en arrêtant cet aveuglement et réorienter ses promoteurs éoliens vers l’off-shore, dans la ligne des déclarations du Ministre Magnette « Vu les limites du potentiel de développement de l'éolien sur terre, tant en Région flamande qu'en Région wallonne, le Plateau Continental belge (de compétence fédérale) offre un potentiel important pour l'implantation de parcs éoliens offshore. Le développement attendu de l'éolien offshore jouera un rôle important dans le développement global des énergies renouvelables en Belgique »


Pouvons-nous compter sur le solide bon sens du collège communal de Celles pour sauver notre patrimoine de ces éoliennes de malheur ?


Avec notre haute considération,



Pour ventderaison (*)
http://ventderaison.com
guido van velthoven
coordinateur général
champia, 5
5340 gesves

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